MAGHAREBIA

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Les motardes de Tunisie réagissent à l'interdiction de la présence de femmes pilotes lors des championnats arabes

2009-05-22

Pour tenter d'apaiser "certains pays du Golfe", la Fédération arabe de motocyclisme a décidé de ne pas autoriser les femmes pilotes tunisiennes à participer aux prochains championnats arabes.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 22/05/09

Les motardes tunisiennes ne seront pas autorisées à participer aux premiers championnats arabes, a fait savoir la Fédération arabe de motocyclisme la semaine dernière. Cette décision a suscité de fortes réactions de la part des sportifs tunisiens.

"Cette décision a été prise pour ne pas embarrasser certains pays du Golfe, où les femmes ne sont pas autorisées à conduire", a déclaré Chakib Brahmi, président de la fédération basée en Tunisie, lors d'une conférence de presse organisée samedi 16 mai. Il a indiqué que les instances dirigeantes de la fédération avaient annoncé aux concurrentes tunisiennes la décision de limiter la représentation tunisienne aux pilotes hommes, parmi lesquels le champion Anis Nabli.

M. Brahmi a expliqué que la fédération avait pris cette décision en anticipant ce qui pourrait se produire à l'avenir. Il a confirmé ne pas vouloir donner à la Fédération internationale de motocyclisme l'occasion d'annuler les championnats arabes s'ils devaient être organisés par l'Arabie Saoudite, où la participation des femmes aux épreuves serait refusée.

"Nous ne voulons pas en arriver là, dans la mesure notamment où ces championnats seront un évènement régulier."

Pour étayer son argument, M. Brahmi a rappelé la décision de la FIM d'annuler le rallye Saudi Hael cette année, trois ans après son lancement, parce que l'Arabie Saoudite avait interdit à un pilote des EAU de participer. L'assistant de ce pilote était une femme russe.

"Nous ne voulons pas connaître une situation similaire alors que les championnats arabes n'en sont qu'à leurs débuts. Nous devrons faire évoluer les choses progressivement", a-t-il expliqué.

L'équipe nationale tunisienne est la seule équipe arabe à comporter des femmes pilotes. Et elles ne sont pas ravies de cette décision.

"Comment de telles décisions peuvent-elles être acceptables alors que le championnat se court en Egypte ?", demande la pilote tunisienne championne du Maghreb Hamida Séklaoui. "Ils peuvent faire appliquer leurs lois et leurs règlements à l'intérieur de leurs frontières. Mais nous imposer ces lois est une chose que personne ne peut accepter."

Certains observateurs prédisent que Séklaoui remporterait ces championnats si elle était autorisée à y participer.

La championne tunisienne de course automobile Hend Chaouch s'est également dite choquée par cette nouvelle "qui affiche une discrimination envers les femmes". "Les femmes de Tunisie doivent être fières des libertés qu'elles ont conquises."

Mais Chaouch est moins optimiste quant à une solution à ce problème. La Tunisie sera la seule voix à s'élever contre cette décision, explique-t-elle, et l'Arabie Saoudite a une grande influence sur la fédération du fait du montant de sa contribution.

"Nous espérions que notre participation serait totale, avec la présence de nos championnes", a déclaré Anis Nabli, qui se prépare à participer au rallye d'Egypte. "Nous espérons qu'une solution sera trouvée aussi vite que possible. Une telle discrimination envers les femmes n'est plus acceptable."

Dans la rue, de nombreuses personnes se sont dites surprises par cette décision.

"Je n'en crois pas mes oreilles", a déclaré Khadija ben Amor, une étudiante. "J'espère que ce n'est qu'une rumeur, parce que je ne peux croire que la Tunisie se plie à de telles décisions qui affectent le coeur même de nos acquis. Je veux parler du Code sur le statut des personnes, dont nous sommes fiers depuis plus de cinquante ans."

Nadia ben Jmaii fait preuve de plus de compréhension : "Chaque pays possède son propre système et ses propres lois et nous devons les respecter."

En fin d'année, ont indiqué certaines sources à Magharebia, la Tunisie accueillera les championnats arabes de motocyclisme, et la participation des femmes pilotes sera autorisée sous le couvert de la FIM.


 

MOTORESS.COM


 

MOTORESS 11 2009

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Une motarde tunisienne fait tomber les barrières sexistes

2009-03-04

La championne tunisienne de moto Hamida Séklaoui a créé la première association de motardes de son pays. "C'est un rêve qui devient réalité", a commenté l'une de ses supportrices.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis—04/03/09

 

Une Tunisienne défie les stéréotypes en s'adonnant à un sport traditionnellement réservé aux hommes, la moto.

Mercredi 25 février, la championne tunisienne de moto Hamida Séklaoui a annoncé une grande première dans le monde arabe : la création de l'Association des Femmes Motardes.

"De nombreuses filles très enthousiastes à l'idée de conduire une moto m'ont appelée pour créer un club réservé aux femmes, afin de pouvoir s'entraîner et se préparer aux épreuves locales et internationales", a déclaré Séklaoui, l'une des rares femmes pilotes de moto du monde arabe.

Séklaoui a remporté plusieurs prix et médailles dans des courses motocyclistes. Elle a également commenté plusieurs compétitions. Elle se prépare aujourd'hui à participer une nouvelle fois à l'aventure, lors du "Rallye OilLybia" de Tunisie, qui s'élancera en avril.

"C'est un rêve qui devient réalité", a déclaré Dorra Laouati, une passionnée de moto. "Les femmes tunisiennes sont entrées dans tous les domaines, et il est injuste de leur refuser le droit de participer à l'aventure moto."

Dans le passé, les Tunisiennes ont participé à des rallyes automobiles, dont certains de niveau international. Et bien qu'il existe de nombreux clubs motos en Tunisie, ils ont de tous temps été réservés aux hommes.

Séklaoui a expliqué que son association serait financée par les contributions de ses membres, avec le soutien du ministère de la Jeunesse et des Sports, ainsi que par des entreprises privées par le biais de la publicité. Cette association proposera également un programme de formation de six mois pour les femmes souhaitant participer à de futurs rallyes.

"Nous allons placer la barre haut et obtenir des résultats qui en surprendront plus d'un", a-t-elle déclaré. Pour pouvoir participer à des rallyes, l'association exigera que les candidates soient âgées d'au moins 18 ans.

Ce programme de formation débutera en mai. L'association aidera les femmes intéressées et leur permettra d'obtenir le permis moto.

L'un des obstacles que rencontreront ces motardes sera le prix élevé des motos. Une moto peut en effet coûter jusqu'à 30 000 dinars tunisiens.

"Je ne pense pas qu'une fille d'un quartier défavorisé, même si elle adore ce sport et peut devenir une star, pourra se permettre d'avoir sa moto et de payer les frais liés à une course", a déclaré Najah ben Said. C'est la raison pour laquelle, explique-t-elle, elle n'est pas intéressée par ce sport. "C'est seulement un sport de riches."

Mais Séklaoui explique que son association a déjà pris en compte ce facteur, et fournira des motos à celles qui ne pourront en acheter une.


 

"Je ne pense pas que nous tournerons le dos à une catégorie de personnes capables de nous donner de grandes championnes", a-t-elle expliqué. "C'est pour cela que nous les aiderons à obtenir l'une des motos que le club réservera à ses membres ; nous leur demanderons seulement de participer à la formation d'une manière régulière."

L'association bénéficie déjà du soutien d'associations sportives de la région et du gouvernement, a expliqué Séklaoui. "Je bénéficie personnellement du soutien de ma mère, qui est une fan des courses, et d'amis hommes et femmes dans notre domaine et ailleurs. A cela viennent s'ajouter les encouragements d'instances sportives locales et [internationales]."

Cette association lancera une campagne visant à encourager les femmes motardes à bénéficier de ces services. Un site web a été créé pour promouvoir cette initiative et fournir des informations sur ce sport. Saklaoui explique qu'elle contactera des femmes férues de motocyclisme dans tout le Maghreb pour leur demander de monter des clubs locaux, d'échanger des expériences et d'organiser des courses.

"Attendons de voir si elles relèvent le défi", affirme Mounir ben Miled, un fan des courses de motos. "Ce sera vraiment intéressant de voir des courses mixtes. Et je suis certain que cela nous réservera quelques surprises. La femme tunisienne, pour autant que je le sache, est obstinée."

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.


 

TUNISCOPE


 

http://www.tuniscope.com/index.php/categorie/hobbies/sport/hamida-seklaoui-ou-la-maghrebine-qui-a-du-cran

 

Sport: Hamida Seklaoui ou la maghrébine qui a du cran.

 
Date: 06/03/2009

Grâce à ses prouesses et à son talent, Hamida a réellement brisé les barrières sexistes et machistes du monde arabe ! Pilote de moto, elle a créé « L’Association des Femmes Motardes ». Oui, carrément !

La moto est plus clichée homme que femme, comme l’été la voiture avant elle ! On sait déjà que désormais, on compte des femmes arabes au Rallye auto, mais on n’en connaît aucune en moto. Hamida l’a bien compris et, joignant l’utile à l’agréable, elle compte bien inciter d’autres femmes arabes à suivre sa voix !

Piloter une moto, c’est se sentir libre, de décompresser et de s’affranchir de ce qui nous entoure de stress urbain ! Hamida place la barre haut et fait taire à jamais tous ceux qui pensent que la moto est un sport d’homme !

Portant le drapeau du pays sur sa moto et son cœur, Hamida est aussi la fierté de sa Tunisie !

Raja